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Zurich, le 24 juillet 2006 Augmentation des réserves de pétrole et de gaz
Entre 2003 et 2005, le prix moyen annuel du pétrole brut a quasiment doublé, le prix du baril étant passé de 28,8 U$D à 54,6 U$D. La moyenne des cinq premiers mois de l'année 2006 indique une poursuite de l'augmentation du prix du baril qui se monte désormais à 65 U$D. C'est ce qui ressort de l'étude « Oeldorado 2006 » d'ExxonMobil, le plus grand groupe énergétique du monde. Du fait de l'importance du pétrole en tant que source d'énergie primaire, son prix joue le rôle d'indice de référence et a entraîné la hausse du prix des autres ressources énergétiques, d'une part du fait de l'existence de relations contractuelles comme dans le cas du gaz, d'autre part à la suite des réactions de marché comme dans celui du charbon. Malgré cette augmentation, la conjoncture mondiale s'est montrée très peu dépendante de l'évolution du prix du pétrole, contrairement à de nombreuses prévisions.
Cette tendance s'est répercutée sur la consommation : elle a augmenté de 1,2 pour cent pour atteindre 3'838 millions de tonnes. La production a été légèrement supérieure avec 3'921 millions de tonnes, la croissance a été de 52 millions de tonnes, soit 1,3 pour cent. Proportionnellement, ce sont les capacités de raffinage qui ont le plus augmenté, passant de 130 millions de tonnes à 4'252 millions de tonnes. C'est plus que les capacités de raffinage totales de l'Allemagne. Cette augmentation de 3,2 pour cent est très élevée par rapport aux années précédentes.
Mais c'est surtout l'augmentation considérable des réserves qui est une bonne nouvelle : avec 175,4 milliards de tonnes, la quantité des réserves avérées a augmenté de plus de 2 milliards de tonnes par rapport à la valeur de l'année précédente, soit une croissance de 1,2 pour cent. Cette croissance est par conséquent 45 fois plus élevée que l'augmentation de la consommation en 2005. Ces réserves ne comprennent que celles qui sont déjà confirmées par les forages et économiquement exploitables par les techniques actuelles. L'Europe a toutefois peu contribué à cette croissance, tout comme l'Amérique du Nord. Ces deux régions affichent un net recul. C'est le Proche-Orient qui a connu de loin la plus grande augmentation (+ 1,9 pour cent), l'Iran et l'Arabie Saoudite se trouvant en tête du palmarès.
La production
Dans ce contexte de prix élevés l'augmentation de la production de pétrole n'a surpris personne. La plupart des membres de l'OPEC ont pu maintenir ou étendre leur production, mais on peut également constater un recul dans certains pays. En Irak, la production officielle a chuté et se situe autour de 92 millions de tonnes car le sabotage, l'importante contrebande et les difficultés politiques continuent d'entraver la production et d'exportation. En revanche, le Nigeria a réussi à augmenter sa production et affiche 127 millions de tonnes malgré les grèves et les nombreux actes de sabotage.
Au cours de ces dernières années, plusieurs grandes sociétés pétrolières internationales avaient déjà augmenté leurs investissements dans le secteur de l'exploration et elles les avaient même renforcé en 2005. Les compagnies pétrolières privées estiment les investissements nécessaires en matière d'exploration et de production à 200 milliards de dollars en moyenne par an afin de répondre aux prévisions générales de consommation jusqu'en 2030. C'est pour cette raison que les sociétés de production d'État, dont la part de production est nettement plus importante que celle des compagnies privées, doivent également apporter leur contribution.
Les capacités de raffinage
Les ouragans du mois d'octobre 2005 ont paralysé un tiers des capacités de transport et de raffinage des États-Unis, entraînant une augmentation brutale du prix des produits. Des goulots d'étranglement étaient déjà apparus au cours de ces dernières années, particulièrement dans le secteur du raffinage des Etats-Unis. La configuration des installations de raffinage existantes ne permettait plus de répondre aux exigences accrues imposées à la qualité des produits, notamment pour des raisons de protection de l'environnement. La conséquence de cet état de fait fut le renforcement des investissements dans les capacités de raffinage mondiales. Avec une capacité de distillation supplémentaire de 130 millions de tonnes, ce sont au total 4'252 millions de tonnes qui ont été atteints, ce qui équivaut à une croissance de 3,2 pour cent. Pourtant le nombre des nouvelles raffineries mises en fonctionnement est faible. La plus grosse part de l'augmentation a de loin été obtenue par l'extension des capacités des raffineries existantes. Ces dernières peuvent être mises en service rapidement en raison de l'absence de procédures d'homologation complexes auxquelles sont soumises les nouvelles raffineries. À elle seule, l'Asie du Sud-Est affiche 76 millions de tonnes.
La consommation
Avec une croissance de 1,2 pour cent, la consommation a atteint 3'838 millions de tonnes. Les ventes ont augmenté dans presque tous les pays du monde entier, alors qu'elles ont baissé dans la CEI et en Europe.
Le gaz naturel
Déjà très élevées, les réserves de gaz naturel ont à nouveau augmenté de 1,2 pour cent pour atteindre 173 billions de m³. La production a baissé en revanche de 0,2 pour cent et se monte actuellement à 2'728 milliards m³, affichant un recul de 4,8 milliards m³.
La consommation affiche quant à elle une forte augmentation de 2,9 pour cent et se situe autour de 2 849 milliards m³, soit 80 milliards m³ de plus que l'année précédente.
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